GALERIE 2,
NIVEAU 6Le Centre Pompidou consacre, à
partir du 22 septembre 2010, une exposition retrospective à Arman, l’une
des figures majeures de l’art de l’après-guerre. L’exposition réunit
près de 120 oeuvres, provenant de prestigieuses institutions
internationales et de collections particulières pour proposer, en une
approche
inédite, une traversée de l’oeuvre d’Arman de la
seconde moitié des années 50 aux dernières années du XXème
siècle.
Membre fondateur du Nouveau Réalisme,
mouvement préconisant de nouvelles «approches perceptives du réel»,
Arman développe une oeuvre en lien direct avec son époque, utilisant
comme matière artistique les objets manufacturés produits par la société
de consommation.
Dans un parcours à la fois
didactique et vivant, l’exposition montre les deux fondamentaux de
l’oeuvre d’Arman: le geste, hérité de la pratique des arts martiaux, à
travers un choix exceptionnel de documents filmés d’actions d’Arman, et
l’objet comme vecteur de formes artistiques nouvelles. Le parcours
proposé s’organise autour de sept thèmes qui mettent l’accent sur les
grandes problématiques plastiques de l’artiste et témoignent à la fois
de l’originalité et de l’évidente résonance contemporaine de l’oeuvre
d’Arman.
«J’ai commencé comme peintre. (…) J’ai
besoin physiquement, pratiquement, physiquement de toucher la couleur.
Ayant trouver ce système pour capturer la peinture qui sort des tubes ,
en la prenant dans le Plexiglas ou le polyester, elle devient objet. La
couleur devient objet. Je me suis beaucoup amusé avec ça. J’ai fait des
oeuvres monochromes, d’autres très colorées : j’ai refait le peintre.»
Arman, Entretien avec Daniel Abadie, «L’archéologie du futur» (Cat. Jeu
de Paume, 1998) L’artiste est en effet peintre de formation, mais il
abandonne dès 1955 le pinceau pour le tampon, avec lequel il imprime la
surface de la feuille ou de la toile par des gestes automatiques.
Influencé par les grandes figures des avant-gardes historiques comme
Schwitters, Picasso ou le typographe proche du groupe De Stijl, Nikolaas
Werkman, Arman va, dès 1958, intégrer à son langage le grand format et
la règle de composition en all over de l’expressionisme abstrait
américain.
À partir de 1957, en lien avec le milieu
de la musique concrète, Arman recourt à des objets enduits de peinture
qui déposent la trace de leur passage sur la surface de la toile; ce
sont les «Allures d’objets». À travers ces recherches, l’objet s’impose
peu à peu dans le cadre pictural en s’appuyant sur la notion de
quantitativisme. Dès lors, l’artiste fait entrer l’objet dans son
processus de création en le revendiquant en tant que «fait plastique»;
ainsi, les célèbres et souvent controversées «Poubelles» présentent le
détritus comme matière artistique, inscrivant Arman dans une démarche
résolument post-moderne.
Dans le cadre de
l’exposition Arman, la Galerie des enfants propose un dispositif
interactif pour le jeune public à partir de trois ans, en lien avec
l’univers de l’artiste. L’objet et le geste serviront de fils
conducteurs au parcours, croisant tout à la fois les innovations du
créateur et le monde sensible de l’enfant. Immergés au coeur d’une
«usine poétique et contemporaine» créée par le designer-plasticien
Adrien Rovero, les enfants expérimenteront de façon sensorielle et
collective les procédés d’Arman (tampons, coupes d’objets,
portrait-robot…) pour poser un regard neuf sur le monde qui les
entoure.
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